Histoire de la commune

Extrait du livre de J. BRULEY "Le Morvan, coeur de la France" (1966)

" Petite ville commerçante, propre et bien bâtie s'étalant sur le penchant d'une colline couronnée par l'Eglise Saint Alban (470 m d'altitude). Nous trouvons l'antique Ulmus (l'Orme) mentionnée dans une charte de 1125. L'acte d'affranchissement des habitants date de 1223 et les fortifications de la ville furent aussitôt commencées. Des 22 tours d'enceinte, une seule, la Tour aux Loups subsiste encore.
Du douzième au quatorzième siècle, les croisés de retour de Terre Sainte, rapportèrent une terrible épidémie: la lèpre. Les pères de Saint Lazare installèrent une maladrerie à Lormes, de même qu'à Avallon, Château Chinon, Moulins-Engilbert, Alligny-en-Morvan, etc..

En gravissant la rue du panorama, en direction de l'Eglise, on passe devant les belles promenades plantées qui ont gardé le nom primitif de l'Ormeraie. De la terrasse où s'élève l'église (montagne de Saint Alban), on découvre un immense panorama, surtout au sud et à l'ouest sur les plaines du Bazois et du Nivernais. Au sud est et à l'est se dessinent les croupes boisées du moyen Morvan.

Lormes était une gare importante sur la ligne de chemin de fer d'intérêt local Nevers à Saulieu. L'ancienne gare se trouve prés du bel étang du Goulot; le Goulot qui en sort tombe en cascatelles au-dessous de la ville dans la gorge du Narvau et s'unit au Cornillat pour former L'Auxois, affluent de l'Yonne. Dans le haut de la gorge de Narvau, une digue en maçonnerie soutient un réservoir qui actionne l'usine électrique et forme une belle cascade. Des chemins permettent de parcourir la gorge en amont et conduisent à la grotte des Fées.

Lormes est la patrie du romancier Henri Bachelin (1879-1941)."

Extrait du livre Armand BILLAUD "Un coin du Morvan" (1900)

Armand BILLAUD développe dans son livre l'histoire de Lormes et termine ainsi sa présentation:

" Lormes aujourd'hui est une jolie petite ville qui, depuis quelques années, commence à recevoir la visite des touristes en quête d'air pur et de sites pittoresques. Pas un voyageur ne quitte Lormes sans avoir gravi la montagne de l'Eglise, pour admirer le superbe coup d'oeil dont on jouit du cimetière. A l'Est et au Sud Est, la chaîne des Monts du Morvand se découpe noire et sombre sur l'horizon, pendant qu'au Sud le regard s'étend à perte de vue sur la plaine du Nivernais.

Sur la place publique, là où s'elevait jadis l'ancienne halle, on remarque aujourd'hui l'Hôtel de Ville, construit en 1839. C'est un bâtiment de style Renaissance avec fronton, appartenant à l'ordre ionique: il a côuté 28.816 francs à la commune. En 1840, on y transporta la veille horloge publique qui se trouvait autrefois au sommet de la porte Saint Alban, à côté de l'endroit réservé au guetteur de nuit. Le petit clocher qui a été construit au sommet pour la loger, donne à l'ensemble de la construction une certaine légèreté. Au premier étage, dans la grande salle du Conseil, se trouve un portrait en pied du maréchal Vauban, qui fut offert à la ville de Lormes par l'Etat, en 1843. Au pied de la montagne de l'église, à l'aspect du sud-est, se découvre la gorge de Narvau est minuscule, mais elle est jolie quand même; c'est plutôt une suite ininterrompue de charmantes cascatelles que le Goulot forme depuis son entrée dans la gorge, jusqu'à sa sortie prés de Vaurin. Ce petit ruisseau fait l'important: il écume, il bondit de rochers en rochers et fait un vacarme de tous les diables; il enfle et gonfle sa voix; comme un gamin qui joue au soldat, il joue au torrent.  Ses bords sont d'une ravissante sauvagerie et rappellent les plus charmants sites de la Suisse. Les deux côtés de la gorge qui, de prime abord, semblent inaccessibles, sont sillonnés de petits chemins, véritables sentiers de chèvres, qui permettent au touriste de les parcourir en tous sens... C'est le lieu de rendez-vous des amoureux; et il a pu parfois arriver au promeneur égaré aux alentours de la Grotte des Fées, en contournant un rocher, en frôlant un buisson, d'entendre des vagues murmures, des sons étranges, ressemblant à s'y méprendre, à des bruits de baisers.

A la fin de l'année 1897, une société locale se constitua à Lormes, en vue d'y installer l'éclairage électrique et utilisa cette chute. Une digue fut construite, au sommet de la cascade afin d'emmagasiner l'eau suffisante à la production de la force nécessaire pendant les mois de sécheresse, et au fond de la gorge, à 400 mètres plus bas environ, un pavillon fut construit pour recevoir la turbine et la machine-dynamo. Cette entreprise fut couronnée de succès, et depuis lors, les environs de la cascade sont devenus, plus que jamais, la promenade favorite des habitants.

A la sortie du bois, le ruisseau du Goulot traverse les prés de vaurin, et un peu plus loin entre sur le sol calcaire. Mais alors son aspect change: il coule en léchant paisiblement ses rives comme le premier ruisseau venu; ses eaux deviennent jaunâtres; on croirait qu'en quittant le sol granitique il a perdu sa limpidité, sa pétulance et sa gaieté. L'aspect pittoresque du pays disparait également. Il semble que dans cette gorge de Narvau, Dame Nature ait voulu se mettre en frais de coquetterie et flirter une dernière fois avec notre beau Morvand avant de le quitter."